Santé

1. Mise en contexte

 

Population de l’Outaouais : 385 579 (dont 56 000 de 65 ans et +) (1)


Une grande ville, Gatineau : 278 780 (dont 37 600 de 65 ans e +) (1)


Quatre MRC : Des Collines, Pontiac, Papineau, Vallée-de-

L’Outaouais


Population du Québec 8,215 million (1)

L’Outaouais a 4.6% de la population du Québec. (1)


Situation géographique : Sud-ouest du Québec, aux frontières de l’Ontario

2. Historique

Les services de santé au 19ième siècle reflètent une dépendance importante vis-à-vis Ottawa.


Au 20ième siècle marque la construction de l’hôpital de Hull, mais qui est vite débordée. Un mouvement social nommé ‘’ Outaouais à l’urgence’’ dans les années 70 recueille près de 50,000 signatures. La construction de l’hôpital de Gatineau a lieu en 1983. 


En 2007, une autre crise frappe l’Outaouais et un autre mouvement social appelé ‘’Outaouais à l’urgence Phase 2 ‘’ recueille 50,123 signatures pour que les choses changent. La pétition est déposée à l’Assemblée nationale. 


Suite à cela, un statut particulier en santé est accordé à l’Outaouais par le ministre Couillard alors ministre de la santé. Nous constatons que les budgets de 20M$, dédiés à faire du développement pour nous sortir de notre dépendance, servent actuellement au financement des soins courants, ce qui est un détournement de la mission première.

3. Rapatriment des soins utilisés en Ontario

L’Outaouais a une dépendance vis à vis les soins de base que nous devons consommer en Ontario et ce, dans sa partie urbaine et rurale. 


  

Le gouvernement du Québec paie un montant de plus de 100 millions$ par année pour les soins pris par des résidents de l’Outaouais en Ontario.

Le total avoisine 1 milliard $ investi dans les 10 dernières années en Ontario, ce qui est une perte énorme pour l’Outaouais et le Québec.


Il faut rapatrier les soins de base chez nous en débutant par l'obstétrique.

Viser l’augmentation de 400 accouchements de plus en Outaouais est réaliste.

Il y a plus de 4000 naissances pour la population de l’Outaouais, dont 800 se font 

toujours en Ontario. Un investissement de 14.4 millions$, permettra

l’aménagement de 32 chambres uniques de naissance à l’hôpital de Gatineau et rapportera d’énormes avantages non seulement pour l’Outaouais mais aussi pour le Québec, serait-ce que pour le sentiment d’appartenance au Québec. 


Ce qu’il nous faut pour réussir ?


Il nous faut un plan crédible de rapatriement des soins prodigués aux Québécois en Ontario. Il nous faut un portrait complet. Pour y arriver, nous aurons besoin du détail de ce qui est consommé en Ontario.


Il nous faudra avoir accès aux données précises de la RAMQ. Les zones rurales sont autant touchées que les urbaines, par exemple la Petite-Nation (Comté de Papineau) a une dépendance vis-à-vis les soins offerts à l’hôpital de Hawkesbury. Il faut penser à la pédiatrie, l’ophtalmologie et la psychiatrie. Il faut viser les soins courants en premier. 


Il faut saluer les efforts faits dans les dernières années : augmentation de la capacité de la maison des naissances, une mini-urgence pédiatrique qui a un succès franc, l’augmentation des services au CLSC de St-André Avellin, mais il faut aller plus loin. 

4. Formation professionnelle de nos jeunes ici

L’Outaouais a un manque de professionnels dans tous les domaines de la santé vis-à-vis le reste du Québec: soins infirmiers, physiothérapie, ergothérapie, nutrition, pharmacie, kinésiologie, médecine, etc. 


De plus, en formant nos jeunes ici, ils investiront leur vie professionnelle chez nous. Il est primordial que l'UQO et le CÉGEP développe un programme multidisciplinaire dans le domaine de la santé. De cette façon, nos jeunes n’auront aucun besoin d’aller en Ontario ou ailleurs pour étudier. Nous avons un manque de professionnels en santé dans tous les domaines vis à vis le reste du Québec. 


Une faculté de médecine satellite affiliée à l’université McGill est promise pour 2020 et il est impératif que la formation des jeunes soit à 100% en français pour respecter la langue commune du Québec, le français. Cette promesse essentielle n’a pas à être retardée.

5. Le financement public de la santé dans l’Outaouais

  

Nous sommes très désavantagés vis-à-vis le per capita de fonds public investi par personne en Outaouais. 


Le commissaire à la santé dans son rapport de 2015 met 4 régions dans la même catégorie de régions intermédiaires, soit les régions à une distance entre 2 à 3 heures de distance des régions universitaires, avec des populations comparables, sans être le siège d’une faculté de médecine. Ce sont : le Bas St-Laurent, le Saguenay Lac St-Jean, la Mauricie-Centre du Québec et l’Outaouais. 

  

(1). La performance du système de santé et des services sociaux québécois. 2015. Commissaire à la santé et au Bien-Être. 


Il y a un manque à gagner de 474$ par tête d’habitant de l’Outaouais, vis-à-vis l’ensemble du Québec, ou la somme de 182 millions$ annuel de sous-financement. 


Ce manque à gagner inclut le 100 million $ que le Québec paie à l’Ontario, ce montant étant inclus dans le 2483$ par habitant pour l’Outaouais. 

6. Nos professionnels de la santé

  

(1). Répartition des médecins selon la région administrative. Collège des médecins du Québec. Décembre 2917.

(2). Tommy Chouinard. La Presse. Accès à un médecin de famille. Québec rate sa cible de plus de 5%. La Presse. 31 janvier 2018.

(3). La performance du système de santé et des services sociaux québécois. 2015. Commissaire à la santé et au bien-être.

(4). Tableau de l’Ordre, Rapport de la direction, Ordre des infirmières et infirmiers du Québec, 2017 

(5). Effectif professionnel, 31 mars 2017. Rapport annuel, 2016-2017. Ordre des pharmaciens du Québec.

(6) Institut de la statistique du Québec. 2015.


  

Il nous manque

  

  • Il manque 40 médecins de famille. Le recrutement a bien été depuis 2 ans et le pourcentage de la population ayant accès à un médecin de famille s’est amélioré avec 79.5% de patients inscrits, équivalent à 79.4% pour tout le Québec. 
  • Les médecins spécialistes sont en carence importante. Il manque 227 spécialistes. Pour accueillir plus de spécialistes, il faudra améliorer notre infrastructure hospitalière car les spécialistes réalisent leur travail dans le milieu hospitalier.  
  • Il nous manque 2085 cadres et autres employés dans le réseau, cela dénote aussi la faiblesse de notre infrastructure hospitalière. 
  • Il nous manque 975 infirmières, ce qui est considérable et explique les crises de manque d’effectifs d’infirmières dont nous sommes témoins: exemple, le manque d’infirmière au bloc opératoire de Hull 2017-2018. 
  • Il nous manque 139 pharmaciens dans notre réseau.

  

Conclusion : le manque de personnel à tous les niveaux est profond, criant et nécessitera un plan solide pour améliorer la situation. 

7. Nos ressources matérielles, nos infrastructures, notre fonctionnement

  

(1). La performance du système de santé et des services sociaux québécois. 2015. Commissaire à la santé et au bien-être. 


Considérations :

  • Il nous manque 173 lits de soins aigus, ce qui correspond à un hôpital complet.
  • Il y avait en 2015 un taux d’occupation des lits de longue durée dans les lits de coute durée de 10% qui s’est améliorée depuis.
  • Le manque de résonnance magnétique se fait cruellement sentir sur les budgets de fonctionnement car ces examens sont réalisés en Ontario à grand frais. Cela illustre notre manque d’équipement
  • Nous traitons 70% des hospitalisations chez nous, et les autres 30% vont en dehors de la région. Cela illustre la faiblesse de notre organisation hospitalière. 
  • L’attente sur les civières à l’urgence en soins physiques et mentaux est parmi la plus longue du Québec. 

8. La santé publique

  

(1). La performance du système de santé et des services sociaux québécois. 2015.

Commissaire à la santé

(2). Rapport du directeur national de la Santé Publique. Québec. 2016. 


Considérations :

  • La couverture vaccinale de nos jeunes est moins complète.
  • Près de la moitié des femmes ne font pas de dépistage par la mammographie du cancer du sein.
  • Beaucoup d’années perdues par maladies évitables : exemple le tabac. 
  • L’espérance de vie à la naissance est diminuée.
  • Il y a un écart entre la population affluente et défavorisée pour les années perdues. 
  • Il y a plus de fumeurs et d’obésité.
  • Il y a plus de mortalité par cancer et maladies circulatoires

9. Conclusion

  • L’histoire des soins de la santé en Outaouais en a été une de dépendance vis-à-vis l’Ontario. Il nous faut un plan solide de rapatriement des soins de santé de l’Ontario vers l’Outaouais. 
  • Il faut définitivement former nos jeunes chez nous. Nous en avons besoin pour suppléer au manque de professionnels de la santé. Il faut augmenter l’offre de formation professionnelle à tous les niveaux. 
  • Le financement public de la santé démontre un sous-financement chronique qui doit être compensé.
  • Nos manques en professionnels de la santé sont importants et nous devons recruter, former et garder plus de professionnels chez nous. Qu’on pense à la médecine générale, à la médecine spécialisée, à la pharmacie, aux soins infirmiers et toute autre catégorie de professionnels en manque d’effectifs!
  • Il faut mettre à jour nos infrastructures, dont un hôpital de soins aigus de 173 lits. Il nous manque de l’équipement spécialisé pour donner des soins. 
  • Nous avons un défi en santé publique, les maladies par cancer, tabagisme, maladies circulatoires sont prévalentes. Notre espérance de vie est moindre. Notre société est cassée en deux, entre les gens plus affluents et défavorisés. 


Il y a un défi que nous voulons relever collectivement. Donnons-nous les moyens d’y arriver. Il faut conscientiser le public de la situation pour amorcer le changement. 


Gilles Aubé. médecin de famille, Gatineau.